Sécurité : découvrez les points faibles de votre maison et comment les protéger

Et si vous vous mettiez cinq minutes dans la tête du cambrioleur qui étudie votre domicile ? Tout est affaire d’anticipation…État des lieux à sécuriser.

Au Moyen Age, celui qui se faisait construire une jolie maison la sécurisait avec des douves, des remparts, des tours de guet, un donjon pour s’abriter… Six ou sept siècles plus tard, on revient aux mêmes fondamentaux. La mise en sécurité d’une maison individuelle est assez similaire à celle d’un château fort. Et avec le même objectif : dissuader l’ennemi, empêcher l’intrusion, ralentir la progression et le mettre hors d’état de nuire.

En 2015, on a enregistré une effraction toutes les 25 secondes en France. La moyenne des butins générés par ces cambriolages s’établit à 1.800 euros, auxquels s’ajoutent 1.800 euros de dégâts. «Les assurances couvrent et remboursent assez bien les dégâts, qui sont souvent d’un faible montant. Par contre, elles ne remboursent pas le plus douloureux pour les victimes : la violation de domicile», commente Yves Ombrouck, président d’ACS, entreprise du Nord spécialisée dans la sécurisation des maisons et des entreprises.

Des assertions corroborées par les statistiques de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales : 43% des personnes cambriolées estiment que la perte, le vol ou le saccage d’objets à caractère sentimental et 38% la pénétration de leur habitation par des inconnus sont les faits les plus traumatisants.

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LES FENÊTRES C’est l’accès choisi par 38% des cambrioleurs. N’oubliez donc pas de les fermer (entrebaillé égale ouvert), mais le mieux est de disposer de volets et de verrous spécifiques car la majorité des poignées verrouillables s’ouvrent en moins de 10 secondes.
LES FENÊTRES DE TOIT, dites Velux, sont à traiter exactement comme les autres.
LES BAIES VITRÉES Encore plus faciles à ouvrir que les fenêtres, par effet levier.

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LES FENÊTRES SUR RUE Si vous voulez en protéger avec des barreaux, choisissez-les en acier et d’une épaisseur de 18 mm minimum. Il faut les sceller d’au moins 8 cm dans les murs et les espacer de 12 cm maximum.

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LA BOÎTE AUX LETTRES Si elle déborde, c’est peut-être le signe que vous êtes en vacances. Demandez à des proches de relever votre courrier quand vous n’êtes pas là…
LES POUBELLES Si vous laissez vos bacs à ordures à l’extérieur, attention : ils peuvent être facilement utilisés par des voleurs comme échelles afin, par exemple, d’atteindre une fenêtre en hauteur, monter sur une terrasse, se hisser jusqu’à un soupirail…

LA CABANE AU FOND DU JARDIN Une remise à la serrure rudimentaire est une aubaine pour les voleurs : ils y trouvent des outils qui se revendent bien et peuvent faciliter leur travail, comme des pinces ou une échelle !
UNE HAIE TROP HAUTE Votre haie vous protège des voisins ? Oui, mais elle protège aussi les cambrioleurs des regards extérieurs.

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LA PORTE D’ENTRÉE est utilisée par 41% des cambrioleurs. Elle doit être massive, en bois (plusieurs couches de 40 à 60 mm d’épaisseur), ou en verre antieffraction.
LA PORTE DU JARDIN Renforcez-la avec plusieurs verrous ou deux barres transversales.
LA PORTE DU GARAGE Bloquez-la bien avec des verrous.

Si c’est possible, percez des trous dans le bord inférieur et glissez des tiges métalliques à enfoncer dans le sol. Si la porte est télécommandée, coupez le courant pour éviter que le moteur ne se dérègle ou ne s’ouvre de façon intempestive en cas de surtension ou de coupure de courant.

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LA SERRURE Au moins trois verrous doivent pénétrer le châssis assez profondément. Fracturer le barillet est le plus simple. Le cylindre doit être protégé par une armature (rosace), et breveté avec une carte personnelle pour éviter la copie des clés.

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LE SOUS-SOL, LA CAVE On laisse souvent de côté ces «entrées secondaires» alors que, pour un cambrioleur, c’est l’endroit idéal pour travailler sans être dérangé. Du coup, elles font partie de leurs entrées favorites.

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VOTRE PAGE FACEBOOK Vous aimez y poster les photos d’endroits lointains où vous passez vos vacances… Pratique pour ceux qui préparent leur coup ! C’est arrivé à des stars, vues dans la presse people, mais aussi à des anonymes…

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Quatre typologies de cambrioleurs ont été établies par l’INHESJ (Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice), un organisme public et officiel dépendant du Premier ministre. Le plus répandu est le «cambrioleur solitaire », souvent récidiviste, sans domicile fixe, voire toxicomane, ce délinquant agit par opportunisme et commet les larcins les plus faciles.

Du solitaire au gang organisé. Vient ensuite le «cambrioleur issu des quartiers sensibles». La plupart du temps jeune, il s’attaque, seul ou en bande, aux domiciles situés dans son environnement immédiat. Le «cambrioleur professionnel», lui, effectue des repérages et cible des lieux bien précis pour un butin bien précis.

Il travaille seul ou en équipe et de manière régulière. Et enfin, les «cambrioleurs originaires des pays de l’Est». Actifs, rapides et organisés, ils opèrent en bande par nationalité de manière cyclique et ciblée selon des régions choisies. Ils agissent de manière quasi industrielle (des gangs de Roumains ont été démantelés après respectivement 217 cambriolages dans le Nord et 144 dans l’est de la France).

Diaporama : Les 10 cambriolages les plus rocambolesques de l’Histoire

Quel que soit le cambrioleur, la cible reste la même : votre logement. La réalité est conforme aux clichés : la maison la plus sensible est toujours la plus isolée. Pas de voisins pour prévenir, de l’espace et du temps pour agir. Et, à moins de vivre dans un bunker, les entrants constituent toujours les points faibles des habitations.

Une étude datée de 2008 et réalisée par la préfecture d’Indre-et-Loire a montré que la majorité des maisons étaient visitées de jour, par une fenêtre cassée. Et la tendance architecturale à offrir de grandes surfaces vitrées facilite le travail des voleurs.

A moins que ces fenêtres ne répondent à la norme A2P pour leurs serrures et EN 356 pour le verre (la norme en vigueur pour lutter contre le vandalisme et les effractions… ou du moins les ralentir). Autrement dit, résister à des impacts de billes d’acier et de coups de hache.

Une étude empirique affirme qu’un cambrioleur abandonne sa tentative d’effraction après trois minutes. C’est pour cela que ces verres sont prévus pour résister au moins six minutes. Saint-Gobain propose une gamme baptisée Stadip Protect.

Ces verres feuilletés sont composés de deux ou plusieurs feuilles de verre assemblées par un ou plusieurs films de butyral de polyvinyle (PVB). Et selon leur épaisseur, ces vitres ont différents niveaux de résistance qui vont du ralentissement de l’intrusion (niveau P1A) à la vitre blindée de catégorie BR7 (arme de guerre). Problème : ces vitres coûtent très cher puisqu’il faut compter un minimum de 400-500 euros le mètre carré hors pose sur des châssis préexistants.

Film plastique. Une solution alternative moins onéreuse et particulièrement efficace : la pose d’un film plastique. L’inventeur du procédé, l’américain 3M, propose un film anti-intrusion disponible en trois épaisseurs (50, 100 ou 150 micromètres).

S’il n’empêche pas la casse d’une vitre, il la maintient en place afin d’empêcher les cambrioleurs d’entrer. C’est simple à poser et quasiment impossible à retirer. Le fabricant promet qu’il résiste aux effets de la pluie, de la neige et du froid ainsi que des rayons UV.

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La porte est l’autre accès privilégié des cambrioleurs. Mais contrairement aux fenêtres, les cambrioleurs ne la cassent que très exceptionnellement. D’abord parce que c’est visible et sonore. Ensuite parce que c’est compliqué. Les cornières anti-pincement (le voyou ne peut plus glisser un pied-de-biche dans le chant) sont dissuasives, mais dans une construction moderne, la porte liée au bloc-porte (son armature en bois ou en acier) ne cède pas facilement.

Moins de 10% des habitations françaises sont équipées d’une vraie porte blindée (avec plaque d’acier). Le suédois Gunnebo, leader mondial de la protection et sécurité physique et propriétaire de Fichet-Bauche, propose à ses clients une porte blindée en verre (certifiée BR7) ou en acier avec une serrure à reconnaissance digitale. «C’est le top de la protection. Elle est aussi sécurisée qu’une porte de banque.

Depuis quelque temps, notre clientèle s’est élargie à des clients fortunés, principalement en région parisienne et dans le sud de la France. Pour la porte et tout son système de verrouillage, il faut compter entre 6.000 et 8.000 euros.»

Autre point faible de la maison : la porte du garage, manœuvrable facilement. La sécuriser est souvent compliqué, onéreux mais surtout indispensable. «Des gens sont souvent étonnés d’être cambriolés alors qu’ils sont partis en vacances avec des volets, du double vitrage et une porte blindée. Ils avaient surestimé la porte de leur garage.» La porte en plastique, c’est le cheval de Troyes de la maison.

Problème : une porte de garage sécurisée en bois (minimum 40 mm d’épaisseur) ou en métal avec plusieurs points d’ancrage certifiée EN 1627 1630 (norme européenne de sécurité) et une serrure certifiée A2P peut rapidement atteindre les 4.000 euros, sans le système d’ouverture/fermeture motorisée. Il existe cependant une alternative : sécuriser la porte d’accès au garage depuis la maison avec là aussi une porte blindée (compter alors environ 1.500 euros).

Surveillance à distance. Une fois les accès sécurisés et renforcés, vous pouvez passer à l’étape suivante : installer un système d’alarme et de télésurveillance. L’arrivée des smartphones a révolutionné la protection des domiciles. «On peut démarrer avec une box à 200 euros, commandable depuis un smartphone, et s’équiper petit à petit. Et pour 2.000 euros, on peut équiper toute sa maison», explique Cédric Locqueneux, auteur du «Guide de la maison et des objets connectés» (Eyrolles) et du blog www.maison-et-domotique.com.

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